4 postes de PsyEN supprimés dans l’académie de Reims : c’est inacceptable !

Sommé de rendre 38 postes dans toutes les catégories de personnels sauf celles des disciplines d’enseignements jugées prioritaires et des CPE, le Rectorat a décidé de supprimer 4 postes de PsyEN. Pourtant tout le monde sait qu’ils sont déjà en nombre très insuffisant pour répondre aux besoins des élèves et des familles !
Si de nombreux postes de PsyEN sont vacants ou pourvus par des collègues non titulaires, jamais jusqu’à présent, les rectorats n’avaient décidé de supprimer des postes.
Méconnaissant délibérément le travail des psychologues de l’Education nationale, l’administration a considéré qu’avec un taux de prise en charge de de 800 à 900 élèves chacun, dans un secteur rural où les déplacements sont importants, nos collègues étaient trop bien doté·es !
Lors du GT emploi, aucun argument défendu par le SNES-FSU et la FSU-SNUipp n’a été pris en compte ; ni la présence de plusieurs établissements classés en éducation prioritaire renforcée dans le bassin de Reims, ni l’égalité d’accès aux services des PsyEN et aux CIO, quel que soit le territoire. Il s’agissait de réussir à prélever 4 postes sans état d’âme pour le service rendu aux élèves et aux équipes d’établissement !
Pourtant la ministre n’a-t-elle pas déclaré que les jeunes devaient pouvoir rencontrer les PsyEN pour être écoutés et avoir des conseils pour leur orientation ?
2025 n’est elle pas l’année de la grande cause de la santé mentale et la situation psychologique des jeunes n’est-elle pas préoccupante ?
Tous les indicateurs concernant les adolescents sont au rouge et les rapports successifs pointent la dégradation de la santé mentale des adolescents : sentiment de solitude, 51 % de plaintes psychologiques et/ou somatiques, risque de dépression, 24% de pensées suicidaires chez les lycéens1.
Les questions de scolarité et d’orientation sont vécues comme de plus en plus stressantes notamment avec Parcoursup. Les élèves et les familles n’ont-ils pas besoin du service public et de personnels qualifiés pour les accompagner alors que le marché si lucratif du coaching en orientation se développent ?
Mais le rectorat ne s’appuie que sur des chiffres déshumanisant, nombre d’élèves par psychologue et nombre de psychologues par établissement, sans jamais tenir compte de la situation fortement dégradée des territoires en termes d’emplois, d’offres de soin, de conditions de travail des personnels. Rappelons qu’en Europe, l’effectif moyens pris en charge par un psychologue est de 800 élèves ! En France la moyenne est à 1600.
Le sénat lui-même a proposé de revenir sur les 500 suppressions de postes de psychologues « scolaires » engagées depuis 2017 et d’améliorer les recrutements grâce à une revalorisation des salaires afin de mobiliser les vocations2.
Le rectorat n’a manifesté aucun intérêt non plus pour les conséquences en termes d’emploi de nos collègues contractuel.les et de conditions de travail.
Il est urgent de se mobiliser pour faire reculer le rectorat sur cette décision injuste. La crise de recrutement touche toutes les professions de l’EN. Les PsyEN sont également concerné·es par des recrutements qui ne maintiennent le corps qu’en survie, des salaires qui n’attirent plus et des conditions de travail qui font fuir ! La solution n’est pas de récupérer des postes sur les non enseignants mais de revaloriser l’ensemble des professions de l’Éducation nationale et d’améliorer les conditions de travail.



